Le siège d'Accor (Crédit: / Adobe Stock)
Les images des attaques des drones iraniens sur Dubaï ou sur Abu Dhabi sont encore dans toutes les mémoires. Elles avaient alors suscité un mouvement de panique auprès des touristes bloqués sur place. C'est à cette aune que les chiffres d'activité du premier trimestre et les perspectives d'Accor publiés la semaine dernière doivent être appréhendés, sachant que le Moyen-Orient regroupe 8% des chambres du groupe hôtelier.
Et ils apparaissent encore plutôt bons, seul le mois de mars ayant été pénalisé. Le chiffre d'affaires a ainsi atteint 1,3milliard d'euros, en hausse de 2,3% à taux de change constants, mais en recul de 2,7% en données publiées en raison des effets de change négatifs. Par segments, la division Premium, Milieu de gamme et Economique (PM & E) a vu ses revenus croître de 4,6%, tandis que les facturations du segment Luxe & Lifestyle (L & L) se sont repliées de 0,7% du fait de la cession de l'activité Festif de Paris Society.
Hausse du RevPar
De son côté, le RevPar (revenu par chambre) – l'indicateur le plus suivi – a progressé de 5,1% réparti entre une hausse de 4,5% pour la division PM & E et de 6% pour la branche L & L, tiré principalement, pour toutes les deux, par une progression des prix.
Et pour la suite? Le groupe reconnaît que «l'activité au Moyen-Orient, et en particulier aux Emirats arabes unis, a été fortement impactée», avec un taux d'occupation tombé au mois d'avril entre 20 % et 30%. Et nul ne peut prédire aujourd'hui comment va évoluer la situation sur place et le temps que durera le conflit.
«Le groupe a mis en place des mesures de protection des résultats qui nous permettent de minimiser l'impact de la situation sur notre performance, de préparer le rebond et de capturer la croissance dans les zones qui bénéficient temporairement d'une demande plus soutenue, comme l'Europe ou l'Asie du Sud-Est», a précisé le PDG, Sébastien Bazin, dans le communiqué.
Ouvertures
De fait, le groupe poursuit ses ouvertures d'établissements: 48 au premier trimestre, soit plus de 6.700 chambres, représentant une croissance nette du réseau de 3,8% sur un an. Sera-t-elle suffisante pour compenser l'impact de la guerre? Le consensus recueilli par FactSet table sur une progression des résultats cette année, mais les marchés se montrent très prudents de leur côté, comme en atteste le repli de 12 % du titre depuis le déclenchement du conflit. La visibilité à court terme reste, il est vrai, faible: au-delà des conséquences régionales, il pourrait freiner le désir de voyager, d'autant plus si l'inflation s'emballe et si l'économie mondiale ralentit.
La valeur devrait rester sous pression à court terme, mais le positionnement du groupe est pertinent, et l'envie de s'évader devrait demeurer forte, une fois les tensions géopolitiques apaisées. Nous maintenons donc notre conseil d'achat pour le long terme avec un objectif de 55 €.
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